La pauvreté rurale au Bénin
Le Bénin fait partie des pays les plus pauvres du monde, avec un revenu annuel par habitant de 365 dollars. Il se place en deçà de la moyenne pour l’Afrique subsaharienne, évaluée à 470 dollars par habitant en 2001 et se situe au 159e rang sur les 174 pays classés selon l’index de développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
Malgré un net recul de la pauvreté urbaine de 28% en 1994 et 23% en 2000, la pauvreté en zones rurales a augmenté, passant de 25% à 33% dans la même période. De fait, les pauvres sont aujourd’hui bien plus nombreux en zones rurales qu’en zones urbaines.
Où sont les pauvres?
En milieu rural, tous les départements du nord (Borgou, Alibori, Atacora, Donga) et à un moindre degré, ceux de l’Atlantique et du Couffo présentent des niveaux de pauvreté économique notablement au-dessus de la moyenne. L’incidence de pauvreté sociale, c’est-à-dire un manque d’accès aux services sociaux de base, est plus élevée dans les départements d’Atacora et de Borgou au nord ainsi que le département de Mono au sud.
Qui sont les pauvres?
D’après des études menées par le gouvernement béninois, les catégories sociales les plus touchées par la pauvreté sont les femmes et artisans du monde rural, les agriculteurs sans terres et les habitants des zones enclavées, les orphelins, les enfants abandonnés, les filles mères, les enfants déscolarisés ou employés comme domestiques, les jeunes déscolarisés ou sans emploi, les personnes handicapées ou âgées sans soutien.
Pourquoi sont-ils pauvres?
La pauvreté au Bénin dépend de plusieurs facteurs. L’accès à la terre pose problème, notamment dans le sud du pays : les parcelles cultivables ont une superficie moyenne de 1,7 ha pour une famille de 6 à 7 personnes et les activités non agricoles restent rares. L’accès aux marchés, aux sources de microfinancement, aux technologies améliorées et aux infrastructures et services sociaux de base fait également défaut et contribue à l’appauvrissement des communautés.
Par ailleurs, d’après des études menées par le gouvernement du Bénin, la pauvreté augmente avec la taille des familles et l’âge du chef de ménage et diminue lorsque celui-ci a un niveau d’instruction plus élevé. Enfin, il semblerait que les ménages dirigés par une femme soient moins pauvres que ceux ayant un homme à leur tête, bien que les femmes, prises isolément, soient nettement plus pauvres que les hommes.
Source: FIDA